Le Martinisme Inconnu

Selon un pseudo-philosophe qui préfère rester inconnu ..

Renaissance de Flogos : Des Ombres du Passé à la Lumière de l'Initiation

La sixième heure vient de sonner au cadran d'Olibrius. Flogos réapparaît dès que l'Œil du Monde le pointe de ses rayons.

J'avais effectivement oublié, ou plutôt refoulé, ce Nomen, témoin d'une période honteuse de ma vie où j'étais follement et naïvement amoureux d'une innocente jeune femme. Quel était son nom déjà ? Vous avez probablement une idée.

C'était le temps où mon parrain martiniste endossait le rôle de Grand Maître, grâce à une patente mystérieusement acquise. Il m'a fait Maître Initiateur prématurément, dans une démarche rappelant un martinisme sauvage. J'avais alors choisi comme Nomen "Flogos". Même si j'ai du mal à me souvenir du contexte exact, ce choix a subjugé mon initiateur : “la floraison et le Logos, le Verbe Créateur. C'est puissant !” Pourtant, je lui avais confessé que le "Flo" était davantage issu d'une passion amoureuse que d'une évocation de floraison.

Ce Nomen de ma période rebelle m’est revenu, à l'instar de l'aigle noir chanté par Barbara. Dans mon esprit semi-conscient, mon subconscient en déduit curieusement que ce sera "le nom de guerre", le catalyseur du Martinisme Inconnu, cette forme de martinisme que je crains de lancer, sachant qu'elle perturbera.

"Rosarium Philosophorum" demeure le Nomen de la spéculation. En revanche, Flogos sera le pilier opératif, celui qui établira les fondations sur lesquelles chacun pourra construire, à condition de reconnaître les autres comme de véritables initiés. Les chemins peuvent varier, mais ils mènent tous au même Sanctum Céleste, à la même connexion avec ce qui nous transcende.

Chacun a sa propre vision du monde, et il est essentiel de s'abstenir d'imposer une vision trop rigide. À six heures du matin, ce qui m'est apparu n'était pas un personnage, mais une curieuse "révélation", soulignant la nécessité de parler de l'âme de l'univers, de ce qui l'anime.

C'est sans doute avec cette force que nous interagissons. Elle est régie par des lois mathématiques et intrinsèques, qui sont à la fois rationnelles pour les maths, émotionnelles pour la musique, et naturelles pour la parole et l'écriture.

En août 2003, tout s'écroulait. Vingt ans plus tard, en août 2023, sans le savoir, l'âne semble avoir mangé suffisamment de roses. Flogos peut enfin agir.

Nous sommes dans un système chaotique qui s'auto-organise. Il interagit, sans qu'il soit nécessaire de lui attribuer des intentions. C'est la dynamique que vous lui insufflez qui prend du sens, à l'image des lois de la causalité circulaire. Comme le disait Sartre, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il fait de lui-même. 

Le Chant du Cygne et l’Énigme Alchimique de Gand

À 7h40, je me réveille, encore habité par un rêve à la Nicolas Flamel, de ceux qui feraient pâlir d'envie un psychanalyste jungien. Je me promenais dans une rue évoquant l'Heilegweg, perpendiculaire à la Kalverstraat d'Amsterdam. Devant moi se dressait un vieux cinéma, le "Cinéma du Cygne". J'y perçois des murmures mentionnant Gand, et je comprends intuitivement qu'ils parlent de la ville. En émergeant de ce rêve, je réalise l'association avec la rue du Cygne, dont je compte parler dans "Tornacum Philosophorum". Oui, autrefois, il y avait bien un cinéma à cet endroit, le Plaza. Mais pourquoi Gand s'insinue-t-elle dans cette énigme alchimico-philosophique que seule ma forge neuronale sait concocter ?

L'alchimie, c'est aussi le langage des oiseaux. Il y a les gants, spécifiquement les gants blancs à enfiler lors de l'ouverture des travaux. Et le cygne, symbole de l'œuvre au blanc, de la purification. Puis, il y a cette notion du "chant du signe", peut-être une allusion à mon prochain examen de la prostate. La crainte de la mort m'obsède souvent.

Soudain, comme le disait un collègue, mon hémisphère gauche s'active. Je me rappelle cette chanson "Fais-moi un signe" de Gérard Palaprat, ce rosicrucien (l'est-il encore?). Et dans mon esprit, je visualise la pochette de l'album "Renaissance” du musicien Logos. Avec toutes les allusions faites par mon trio d'experts sur la musique, il doit y avoir une connexion à saisir.

Descendant préparer mon petit déjeuner, je lance la chanson sur Spotify et j'écoute attentivement les paroles :

"Je suis devant un mur blanc,
Mais je sais que tu es présent.
Alors fais-moi un signe,
Apparais, je t'attends.
Je ne te demande rien,
Rien qu'un seul geste de la main.
Montre-moi le chemin,
Dis-moi seulement lève-toi,
Et j'irai où tu me diras,
Les pieds nus dans la neige."

Cette évocation d'un "mur blanc" me ramène à l'écran que j'imaginais. "Fais-moi un signe" fait écho à la pochette "Renaissance de Logos". Et, inévitablement, "Logos" me rappelle "Flogos", un de mes Nomen. J’en ai les larmes aux yeux ! 

Gérard Palaprat - Fais-moi un signe (1971) - Archives de la RTS

STOP !

L’homme de désir et de délire a de nouveau frappé à la porte de mon entendement !
La partie rationnelle de mon être s'insurge et hurle !
Oh, oh, calme-toi mon grand !
On dirait que tu te prends pour un prophète ! Fais attention ; tu risques de finir égorgé par un intégriste ou enfermé dans un établissement, comme ceux de Charenton avant qu'ils ne soient classés monuments historiques.
Respire ! Tu chasses le surnaturel du Temple, et le voilà qui revient au galop ! Par les cendres des rationalistes, évite de monter ce cheval de la déraison, cet ectoplasme des techniques B !

L'âme de l'univers, l'âme de l'être humain, l'Anima qui anime, mais aussi l'instance de la personnalité, le côté féminin selon le système de Jung, je veux bien ! Mais ce ne doit pas être l’avatar d’un Dieu personnel, anthropomorphique et transcendant, tel qu'il est souvent décrit dans les religions monothéistes. Pas ce Dieu qui interagit directement avec les affaires humaines.
Un Dieu impersonnel, immanent, non-anthropomorphique qui se manifeste à travers toutes choses, je suis d'accord. La cause première de tout ce qui existe ? Je l'ignore et je l'ignorerai toujours ; elle est aussi inaccessible que l'étoile de Brel.

Ce qui est certain, c'est qu'une force est en interaction avec moi (causalité circulaire). Cette force, c'est un Univers, une Nature qui s'est auto-organisée et qui communique avec moi à travers le monde extérieur et ma propre nature. Identifier le point de départ de cette interaction est une quête sans fin. 

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