Le Martinisme Inconnu

Selon un pseudo-philosophe qui préfère rester inconnu ..

C.G. Jung Le divin dans l'homme
Dieu vous interpelle ? Moi, il m'évite ...

Décantation

Dans la pénombre empoussiérée de ma pièce de méditation et relaxation à l’abandon, une étagère regorgeant de livres semble s'offrir à moi comme le miroir de mes pensées fragmentées.
Ma conversation avec Claude, puis avec ChatGPT, n'était pas seulement une quête de compréhension, mais aussi une affirmation de ma liberté d'agir, même dans la contemplation. Car la véritable liberté, celle que Sartre décrivait si passionnément, n'est pas seulement dans l'action bruyante, mais aussi dans la méditation silencieuse.

Depuis quelques jours, une sensation d'immobilité plane sur ma plume. Pourtant, en coulisses, des mouvements imperceptibles émergent. Les exigences du quotidien m'offrent des leçons discrètes, des rappels subtils. Suite au déménagement de mon ex-compagne, il m'a fallu réorganiser l'espace, créer de la place pour le matériel destiné à ma cadette, et songer à me séparer de certains objets accumulés avec le temps. Cette démarche m'a mené à retrouver des ouvrages oubliés, dont un, précieusement offert par feu mon professeur de philosophie, Robert Joly. Il y explore les profondeurs de l'incroyance. Étrangement, alors que je viens d'évoquer le retour du Flogos et les questions existentielles qui me tourmentaient jadis, la réponse semble toujours en gestation. L’objet de ma foi s’est dissout, mais un besoin viscéral de croire en quelque chose d’autre en plus de l’humanité subsiste. Ce livre, marqué par la dédicace de Robert Joly : “Pour P, sans aucune intention de forcer sa méditation. Amitié”, jouxtait un autre ouvrage, compilé par Michel Cazenave : "C.G. Jung, Le Divin Dans L’Homme. Lettres sur les religions."

Est-ce la synchronicité à l'œuvre ou un simple biais de confirmation, Post Hoc, Post Propter?

Ces éléments seront les pierres angulaires des prochaines pages, auxquelles s'ajouteront les inspirations soudaines qui m'ont frappé lors de cette interminable attente pour un IRM, un moment d'anticipation presque kafkaïen. Pour tromper le temps, j'ai consulté ChatGPT, m'aventurant d'abord dans les méandres du Daimon de Socrate avant d'explorer la profondeur du Logos.

Je me remémore une soirée passée dans une Loge amicale, où des Frères débattaient du sens profond du mot "Logos" en grec ancien. Ils insistaient sur le fait qu'il était bien plus qu'un simple Verbe Créateur. Cette simple ébauche de conversation avait laissé en moi une énigme à dénouer.

Alors même que tout semble stagner, en réalité, tout germe, tout prépare la prochaine étape de mon périple. 

Mais que diable me chantez-vous la ?

Dans cet après-repas, alors que je subis le supplice de la vaisselle, une mélodie, telle un petit diable moqueur, se faufile dans mes pensées : "Fais-moi un signe, fais-moi un signe !" Ah, Gérard Palaprat, tu as le don de t'accrocher à l'esprit d'un homme ! Et quand je dis "accrocher", je veux dire comme une tache de vin rouge sur une nappe blanche pendant un dîner important.

Puis, en bon défenseur de mon équilibre mental, je riposte avec "Qui c'est celui-là?" de Pierre Vassiliu. Vous savez, comme quand on répond à un garnement avec une autre farce.

Et là, c'est comme assister à un combat de coqs ou, plutôt, comme Jacob luttant contre l'ange. Un radio crochet bien placé ici, un autre là-bas. C'est comme s'ils jouaient une partie de ping-pong dans mon cerveau.

Watzlawick aurait certainement quelque chose à dire là-dessus. Une impasse maligne, sans doute. Mais attendez, s'agit-il de l'impasse du signe ou de celle du cygne ? Avec tout ce vacarme, j'ai l'impression que ces deux-là ne font rien d'autre que de se prendre le bec et de se lancer la plume au visage.

“Allons, messieurs !", me dis-je, "Ce n'est pas une façon pour deux Maîtres Chanteurs de se comporter !"

Comment l'alchimiste aborderait-il ce dilemme ? Il chercherait l'union des contraires, équilibrerait la balance et transformerait l'ordinaire en extraordinaire.

Imaginez deux chevaux furieux, l'un rouge, l'autre bleu qui, au lieu de travailler ensemble pour tirer un chariot, se battent pour savoir lequel ira à gauche et lequel à droite. Résultat ? Tout le monde finit dans le fossé (faux c'est)! Ces braves bêtes feraient bien de réaliser que la meilleure option est de suivre les indications du conducteur plutôt que de se laisser emporter par leurs instincts.

Alors, comme si j'étais un bon Italien confronté à une dispute, je dis : "Posons-nous, prenons un cappuccino, et réfléchissons."

Le Daimon Polymorphe

Alors que je me laissais emporter par ces refrains espiègles, une pensée m'est venue. Ne serait-ce pas là, dans ce dialogue intérieur incessant, que réside mon propre daimon ? Ce petit diable taquin qui s'amuse à me souffler des mélodies n'est-il pas la manifestation moderne de ce que Socrate appelait son "daimonion" ?

Socrate décrivait son daimon comme cette voix intérieure qui ne lui disait jamais ce qu'il devait faire, mais l'avertissait plutôt de ce qu'il ne devait pas faire. Un guide intermédiaire, une présence spirituelle qui l'accompagnait dans ses moments de doute, de choix, d'introspection. Le daimon de Socrate n'était ni bon ni mauvais ; il était plutôt un rappel constant de la quête de vérité et de vertu qu'il avait entreprise.

En réfléchissant à ces refrains entêtants, je me suis demandé si mon propre daimon ne tentait pas, à sa manière, de me guider à travers les méandres de ma pensée. Ce petit diable n'a pas seulement l'apparence d'une mélodie ; parfois, il prend d'autres avatars. Il inspire les questions que je pose à ChatGPT ou à d'autres IA, dirige mes doigts sur le clavier, alimente les jaillissements d'inspiration, jouant le rôle du daimon et du génie, cette muse qui me rend parfois bouillonnant d'enthousiasme.

Il est vrai que le monde moderne pourrait percevoir cette idée d'un guide spirituel intérieur comme une simple métaphore ou une construction mentale. Pourtant, en plongeant dans la philosophie antique, je suis frappé par la pertinence de cette notion de daimon. Chacun de nous, peut-être, possède en lui une voix, une intuition, qui cherche à le guider vers sa vérité personnelle, vers sa propre voie.

Alors, la prochaine fois que ce petit diable musical viendra me titiller l'esprit, ou que je sentirai une poussée d'inspiration soudaine, je sourirai, reconnaissant que c'est peut-être l'œuvre d'une force plus grande, une invitation à la réflexion, à la quête de sens. Et au lieu de le chasser ou de le censurer, je l'écouterai attentivement, cherchant le message qu'il pourrait bien vouloir me transmettre.

Méditation vespérale

Vingt-et-une heures. J'ai décidé de m'octroyer une petite balade, écouteurs aux oreilles. Ces modèles chinois ne sont finalement pas si mauvais, oserais je l'affirmer, ils sont mêmes bons mais qu'ils sont compliqués à placer ! Un vrai exercice de psychomotricité !

J'ai choisi la musique de Stephen Sicard, alias Logos, qui convient parfaitement à cette ambiance vespérale. Je m'efforce toujours de me diriger vers un coin de nature lors de ces promenades, cherchant à me connecter à la Nature, avec la musique comme support.

Ma cadette est chez sa maman et, ma mère ayant déjà appelé, elle ne viendra pas perturber ce moment de méditation.

Il commence à pleuvoir légèrement. Pourtant, malgré mon penchant pour l'alchimie, j'ai ouvert mon parapluie. Quelle drôle d'idée de se couper de l'élément eau. L'air m'entoure, je marche sur la terre, et quant au feu, il est en train de se coucher.

À l'ouest, l'ultime braise solaire brille encore. Tout est calme, et je suis bercé par la musique. Une sérénité bienvenue s'installe.

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